LUDGER BEERBAUM
Jeudi 8 Mai 2003 19:29

Le numéro 1 mondial s’est adressé à la presse française lors du premier jour de la compétition.



Photos : JCDespres

L’échec de l’équipe allemande à Jerez, l’arrivée de Diabolo du Parc II dans son piquet, les études menées en collaboration avec l’université de Cologne ont été au cœur de l’échange.

« La dernière fois que je suis venu à La Baule, c’était en 1997 l’année où nous avions mis en place la nouvelle formule (qui n’a pas duré) et consistait à faire partir les quatre cavaliers de chaque nation à la suite.
Je suis venu cette année pour deux raisons :
- 1° pour la super ligue qui revalorise cette épreuve par équipe,
- 2° en raison de ma déception à Jerez.
En 2002, Gladdys a fait quatre ou cinq concours de trop, et elle est arrivée fatiguée au championnat du Monde.
Cette saison, elle a un peu couru les indoors en fin d’année jusqu’à Stuttgart dont elle a gagné le Grand Prix et je l’ai mise complètement au repos pendant quatre mois. Elle a recommencé la semaine dernière sur un concours national et elle ne courra que dans des bons concours, sur des bons terrains, de façon mesurée, avant les championnats d’Europe de Donaueshingen.
Après La Baule, j’irais à Hambourg, puis dans un autre concours, puis à Aix la Chapelle. »

A propos de sa contre-performance à Jerez : « Physiquement et mentalement, Gladdys n’était pas au top. Elle a gagné le Grand Prix de Donaueshingen mais déjà elle ne sautait plus très bien.
A Jerez, il fallait un cheval performant sur les rivières, c’était le critère. Gladdys ne saute déjà pas formidablement cet obstacle, mais c’est encore pire sur le sable que sur l’herbe.

Je l’ai la montée fort dans la rivière et cela l’a perturbée pour le reste du parcours.
Moralement, c’était très dur pour moi. J’étais le cavalier favori à Jerez, nous étions le couple phare avec Gladdys, je pensais être dans les quatre de la finale.
Quand on sait que l’on doit attendre quatre ans pour retrouver une chance de courir ce titre… C’est très démoralisant. J’ai bien mis deux mois à m’en remettre. »

A propos de Diabolo du Parc II : « Je le monte depuis trois semaines et demie. Il est dans mes écuries depuis davantage de temps mais c’est Markus qui le montait. Je l’ai sorti pour la première fois en compétition nationale la semaine dernière, c’est un peu tôt pour se prononcer sur le cheval. Il a fait deux fois 4 points et une fois sans-faute.
On se sent en confiance sur ce cheval, même sur les gros obstacles. Il n’a pas un style terrible, mais il a 12 ans, il gagne, je ne vais pas tenter de le changer mais plutôt essayer de m’adapter à lui.
J’ai actuellement un accord avec sa propriétaire pour le monter en compétition. Je ne l’achète pas pour mon écurie car j’ai déjà deux chevaux dans les mêmes zones d’âge (Gladdys, 11 ans et Goldfever, 12 ans).
Si j’ai un acheteur, la propriétaire avisera. C’est sûr que ce serait un super cheval en vue des J.O d’Athènes.
Pour le championnat d’Europe cet été à Donaueshingen, je compte monter Gladdys. »

A propos des études menées dans ses écuries : « Deux scientifiques de l’université de Cologne mènent une étude d’un an (depuis janvier) sur les chevaux de compétition. Ils ont un panel de six chevaux dans mes écuries dont ils contrôlent la nourriture, l’eau, l’entraînement, la compétition. Ils testent, par exemple, le taux lactique des chevaux au repos, à l’entraînement, en compétition (ils m’ont suivi à la finale de la Coupe du Monde à Las Vegas).
Cette université prépare à un diplôme d’études supérieur en sport (comme STAPS en France) avec une filière sport équestre qui prépare à des métiers aussi différents que le marketing, l’organisation de concours, ou le journalisme. »

A propos de la Super Ligue : « On veut tous remonter le niveau des épreuves par équipe avec la Super Ligue. Je vois à La Baule que déjà, le concours est monté en qualité. Il faut laisser passer la saison pour tirer des conclusions mais déjà l’amélioration sensible du plateau est un point positif.
C’est un peu dur pour l’équipe ou les équipes qui restent sur le carreau. Mais comme toute chose, il faut bien commencer et l’on rectifiera ce qui ne va pas au bout d’une saison.
Quant au format de l’épreuve, nous sommes ouverts à la négociation. S’il faut faire des modifications, nous y réfléchirons sérieusement. »

Anedocte : « Eric Levallois, je l’appelle Kérosène : une fois nous étions en conférence de presse et Eric racontait l’histoire de Diamant dont la mère était morte et qu’il a dû nourrir au biberon. Une journaliste a demandé quelle sorte de lait il lui avait donné et Eric a répondu « du Kérosène »…. Ce qui va bien à son cheval qui déborde d’énergie ! »

A propos de sa retraite : « Je ne suis pas un pur-sang brésilien comme Nelson Pessoa. Je pense m’arrêter vers 50 ans. Je suis obligé de faire de la gym tous les jours pour être capable de monter sans être trop courbatu. 10 minutes tous les jours minimum et 25 minutes trois jours pas semaine. »

Ses objectifs : « Je suis numéro 1 mondial depuis 3 ans et je suis passé à côté des grandes échéances ces dernières années. Je préférerai maintenant être numéro 2 ou 3 et réussir au championnat d’Europe cette année… »


Service de Presse
N.F.



 Communiqué de presse



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Textes : Service de presse - Agence Unidfox
Photos : Concours Hippique de La Baule